Irradiation

En physique nucléaire, l'irradiation sert à désigner l'action d'exposer un organisme, une substance, d'un corps à un flux de rayonnements ionisants : rayons alpha, bêta, gamma, protons ou encore neutrons.



Catégories :

Radioactivité - Radiobiologie - Médecine nucléaire - Imagerie médicale - Traitement d'image - Traitement du signal

Définitions :

  • Exposition partielle ou globale d'un organisme ou d?un matériel à des rayonnement ionisants. (source : atmolor)
  • Illumination avec un rayonnement électromagnétique, typiquement à énergie suffisamment élevée (gamma ou UV à petite longueur d'onde... (source : fao)
  • Opération par laquelle on soumet un produit au rayonnement d'une source radioactive, surtout le cobalt 60. (source : cours1.sofad.qc)

En physique nucléaire, l'irradiation sert à désigner l'action d'exposer (volontairement ou accidentellement) un organisme, une substance, d'un corps à un flux de rayonnements ionisants : rayons alpha, bêta, gamma, protons ou encore neutrons.

Sources des irradiations

Article détaillé : rayonnement ionisant.

Les matières radioactives sont constituées d'atomes instables qui, en se désintégrant, émettent des radiations.
Il ne faut pas confondre irradiation et radioactivité : moyennant le fait que les particules ne sont pas de trop grande énergie (moins que 10 MeV pour les électrons par exemple), l'irradiation ne rend pas la matière radioactive.

Exposition aux rayonnements

L'exposition humaine à des rayonnements peut prendre trois formes d'effets assez différents :

Exemples de niveaux d'irradiation[1] :

Irradiation moyenne due aux centrales nucléaires en France 0, 01 mSv
Irradiation entraînée par un vol Paris-New-York 0, 02 mSv
Irradiation entraînée par une radiographie des poumons 0, 3 mSv
Irradiation due à la radioactivité naturelle en France 1 a 2 mSv
Irradiation globale (naturelle + artificielle) de la population française 2 a 3 mSv
Irradiation naturelle globale de la population mondiale 2, 4 mSv

Effets des irradiations

Article détaillé : Radiobiologie.

Ces radiations, que nos sens ne peuvent pas détecter, perturbent le fonctionnement des cellules vivantes. Les molécules comme l'ADN et les protéines constituant les cellules subissent des dégâts (rupture de liaisons chimiques, modifications de la structure... ). Face à cette agression, les dispositifs de défense dont disposent l'ensemble des cellules vont tenter de réparer les dommages. Dans la majorité des cas, cette réparation sera efficace. Si les dégâts sont trop importants, l'élimination de la cellule est opérée par des processus de mort cellulaire (par apoptose par exemple). Le danger provient des réparations imparfaites qui peuvent aboutir à des cellules déclenchant un cancer des années après l'irradiation. À particulièrement forte dose d'irradiation, les dispositifs de défense ne peuvent plus faire face à cette importante mortalité des cellules perturbant les fonctions vitales pouvant aller jusqu'au décès.

Le problème des particulièrement faibles doses d'irradiation est toujours débattu. Mais il faut savoir que l'ensemble des organismes vivants sont soumis depuis toujours aux rayonnements cosmiques et telluriques, les dispositifs de réparation des dégâts d'irradiation sont spécifiquement efficaces.

Les normes internationales se basent sur le principe que le risque pour la santé est proportionnel à la dose reçue et que toute dose de rayonnement comporte un risque cancèrigène et génétique (CIPR 1990). Quoiqu'aucune dose ne soit inoffensive, des seuils sont admis par les normes internationales.

L'effet des faibles doses et des faibles débits de dose est une question disputée. Pour les uns, le risque associé à l'irradiation est directement proportionnel à celle-ci, même aux faibles doses, selon un modèle «linéaire sans seuil». Si on applique ce modèle, l'exposition à la radioactivité artificielle (y compris les essais nucléaires) aurait induit de nombreux cancers dans le monde : l'Organisation des Nations unies parle de 1, 17 millions de morts depuis 1945, et le Comité Européen sur le Risque de l'Irradiation annonce le chiffre de 61, 1 millions de morts. [2] Inversement, les études en biologie moléculaire montrent que les mécanismes de réparation des lésions cellulaires jouent pour corriger l'effet de faibles doses, invalidant par conséquent le modèle «linéaire sans seuil». [3]

Bien que retenant l'approche «linéaire sans seuil» pour proposer les limites d'exposition aux rayonnements, la CIPR précise que cette relation n'est pas applicable aux faibles doses :

«the Commission judges that it is not appropriate, for the formal purposes of public health, to calculate the hypothetical number of cases of cancer that might be associated with very small radiation doses received by large numbers of people over very long periods of time.» (La commission estime qu'il n'est pas correct, pour les évaluations de santé publique, de calculer le nombre hypothétique de cancers qui peuvent être génèrés par une très faible dose de radiation à laquelle est exposée une très grande population pendant un temps particulièrement long).


Irradiations de matériaux

Les matériaux inertes subissent aussi des irradiations dans différents environnements. C'est dans les réacteurs nucléaires que les matériaux subissent les irradiations principales. Dans un matériau, les irradiations créent des défauts simples (lacune et site interstitiel) ou plus complexes (dislocation) qui modifient leurs propriétés physico-chimiques et mécaniques. La prévision de ces évolutions a fait et fait toujours l'objet d'une recherche principale et appliquée. D'autre part, l'irradiation est un moyen utilisé pour modifier volontairement les matériaux : durcissement des polymères, modifications des propriétés électroniques des semiconducteurs...

On utilise l'irradiation (quelquefois nommée ionisation) pour stériliser divers objets (la plupart dans le secteur médical). Elle est aussi utilisée dans le secteur agro-alimentaire pour stériliser les aliments et de les conserver plus longtemps. Ceci est sujet à controverse, car il pourrait y avoir des risques pour la santé.

Voir aussi

Par ressemblance, le terme d'irradiation est aussi rencontré dans les domaines suivants :

Notes et références

  1. AREVA)
  2. Recommandations 2003 du Comité Européen sur le Risque de l'Irradiation : Etude des effets sur la santé de l'exposition aux faibles doses de radiation ionisante à des fins de radioprotection, Chris Busby, Rosalie Bertell, Inge Schmitze-Feuerhake, Molly Scott Cato, etc., Éditions Frison Roche, 2004. ISBN 978-2876714496
  3. Voir Bernard Le Guen, "Effet des faibles doses des rayonnements ionisants sur l'homme" [1]

Lien externe

Recherche sur Amazon (livres) :



Ce texte est issu de l'encyclopédie Wikipedia. Vous pouvez consulter sa version originale dans cette encyclopédie à l'adresse http://fr.wikipedia.org/wiki/Irradiation.
Voir la liste des contributeurs.
La version présentée ici à été extraite depuis cette source le 06/04/2010.
Ce texte est disponible sous les termes de la licence de documentation libre GNU (GFDL).
La liste des définitions proposées en tête de page est une sélection parmi les résultats obtenus à l'aide de la commande "define:" de Google.
Cette page fait partie du projet Wikibis.
Accueil Recherche Aller au contenuDébut page
ContactContact ImprimerImprimer liens d'évitement et raccourcis clavierAccessibilité
Aller au menu